Avant

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Selon tous ceux qui y ont vécu et travaillé, c’était la terre la plus fertile de cette vallée, l’eau y était abondante et les récoltes généreuses. La surface d’Ergsmar se situe dans un coude du Draa dont les crues venaient nourrir le sol de limons lorsque son débit était régulier. A l’ouest du terrain, un long ( 5,5 kms) et dur plateau charrie chaque hiver les eaux de pluie tombées dans les environs et sur le djebel Bani dont les affluents guident l’eau vers le Draa, noyant souvent l’intérieur d’Ergsmar, de grands lacs apparaissant alors entre les tamaris. Chaque printemps, le sol se couvre d’une épaisse couche d’herbes diverses et de fleurs.

Ce lieu fût longtemps habité et cultivé ce dont attestent aussi bien les récits des habitants de M’Hamid et de ses environs, que les rapports des militaires français à la fin de la colonisation. Cette région est un impressionnant tissage de peuples et de tribus par le fait qu’elle constitua longtemps un carrefour commercial du commerce transsaharien. Les nomades qui séjournaient dans cet espace au sud du Bani finirent par acquérir des Ksars et des terres dans les palmeraies et aux alentours, fondèrent des souks (Bousnina), des villes (Zahîr), aujourd’hui abandonnés. A Ergsmar subsistent une quarantaine de maisons aujourd’hui en ruines et de nombreux tracés de parcelles, séparées par des canaux d’irrigation (séguias) destinés à l’époque à la polyculture. On remarque aussi la trace de nombreux puits à traction animale. Le tracé des frontières succédant à la décolonisation, la construction du barrage de Ouarzazate et une longue période de sécheresse, le conflit avec l’Algérie durant lequel des chars parcoururent la  vallée, sonnèrent le glas de cette époque. En à peine une année, 1976, les nomades qui cultivaient orge, luzerne et pratiquait le maraîchage à Ergsmar, décidèrent de se sédentariser et de revendre leurs troupeaux pour s’installer à M’Hamid-el-Ghizlane. Le temps des villes était venu, et le « petit Paradis », tel qu’on le surnommait alors, s’endormit.

By | 2015-12-07T16:00:34+00:00 février 16th, 1970|Actualités|0 commentaire

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