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Le projet 2017-05-19T06:18:39+00:00

A l’origine, ce projet a une vocation agricole même si, à long terme, il pourra être amené à évoluer et à se diversifier. Il consiste à recréer une palmeraie visant à terme la mise en production de quelques cinq hectares de cultures maraichères sous-jacentes associées aux palmiers dattiers.

PROJET AGRICOLE

En novembre 2012, Monsieur Georges Toutain, agro-écologue chercheur, spécialiste du palmier-dattier et de l’agronomie oasienne, expérimentateur de produits innovants phytosanitaires, et Monsieur Marcel Mézy, spécialiste de la fertilité reproductible des sols, inventeur de produits innovants (Bactériosol et Bactériolit : fertilisateur d’humus et de compost ) et président de la société Sobac qui les commercialise, sont venus sur place pour évaluer les potentialités du terrain et échanger avec Monsieur Tahar El Ammari, à qui la tribu Aaribe et l’Etat ont confié la charge de refaire vivre Ergsmar. Après une semaine d’études du milieu et de dialogues, Monsieur Toutain a défini un protocole de développement de l’oasis et Monsieur Mézy a proposé un volume de ses produits suffisant pour accompagner la fertilisation des sols lors des deux premières années. Ils ont aussi accepté d’apporter un suivi et des appuis scientifiques et techniques pour accompagner son développement.

PROTOCOLE pour la mise en valeur du périmètre agricole d’Ergsmar

Elaboré par Mr Georges TOUTAIN en collaboration avec Mr MEZY – (Janvier 2013)
(résumé)
Les sols alluvionnaires sont de bonne qualité. Les traces laissées par les anciens agriculteurs-éleveurs laissent supposer que les besoins en eau d’irrigation seront suffisants pour mener à terme à la mise en production de cinq hectares de cultures fourragères et maraîchères associées aux palmiers dattiers. Le terrain est relativement protégé par les vents d’est et ouest par le lit du Draa et la rugosité du terrain sur ses bordures. Le risque d’inondation est facilement évitable en restaurant d’anciens canaux de dérivation.

1 – Si l’eau est présente en sous-sol, il est nécessaire d’évaluer les disponibilités en eau et ses qualités propres à l’irrigation. Le puits du nord ouest présente des signes de salinité, même si à l’usage, elles tendent à diminuer. Comme dit précédemment, il suffirait de creuser de1,5 ou 2 mètres pour atteindre la nappe phréatique de l’oued Draa ; il est surtout envisagé de creuser au sud-ouest du terrain, en bordure de fleuve, un puits où l’on atteindrait à faible profondeur cette nappe d’eau douce circulante, drainée naturellement. Cette option est aussi corroborée par les récits des anciens agriculteurs du lieu qui situent à cet endroit les puits aux niveaux les plus élevés, réguliers même par grande sécheresse.

2 – Une fois plantée une barrière de coupe-vents à certains endroits et le terrain protégé des dromadaires errant, l’espace cultivé sera structuré par le piquetage des emplacements des palmiers dattiers et du tracé du système d’irrigation. Les amendements organiques produits sur place et compostés seront accompagnés des produits innovants de Mr Mézy pour aider la mise en route du bon fonctionnement des terres arables remises en culture et amorcer un cycle rapide de reproductibilité de la fertilité, ces produits ayant également la faculté de dessaler les sols. Après la mise en place des parcelles (planchage et système d’amenée d’eau) commenceront la campagne de plantation et sevrage des rejets de palmiers dattiers et les semences des planches.

3 – Les rejets de palmiers seront plantés à distance de huit mètres sur les lignes Nord/Sud et à dix mètres sur les lignes Est/Ouest pour assurer un couvert fonctionnel des cultures sous-jacentes. L’irrigation de celles-ci suffiront aux besoins des palmiers sans avoir à tracer de seguïas ou cuvettes particulières. Ces besoins s’accroîteront à partir de la quatrième année mais seront compensés plus tard par l’ombre des frondaisons des palmiers protégeant les cultures. Le choix des rejets devra favoriser les variétés résistantes à la maladie du Bayoud tout en veillant à ne pas exclure des rejets sains de variétés moins tolérantes mais utiles et bien adaptées à la région afin d’assurer sur le terrain sain d’Ergsmar une bio-diversité sécuritaire. Cultiver par exemple la BouSthammi noire, au sud du terrain (grandes palmes protectrices projetant leurs ombres sur les cultures), excellente pour sa transformation en confiture ou en sirop (le Rôb, spécialité de la région qui était jusqu’ici fabriqué artisanalement par les familles. Une production commerciale a été lancée avec succès il y a trois ans à M’Hamid par les cousins du principal acteur du projet. D’où une synergie évidente.) Mais aussi pour la consommation classique, les variétés Maj’hûl, Najda, Boufeggous, Jihel, Umel’hal, Bou Skri. Ainsi que les dattes communes de la région résistantes au Bayoud : Iklane, dont les écarts de tri et les noyaux peuvent constituer de bons compléments alimentaires pour les troupeaux.
Rappelons que la datte est l’aliment de base historique des populations locales et des anciens nomades sédentariséset caravaniers…
Pour plus de sécurité, Oléo-éco 28 est susceptible de fournir des assemblages d’huiles essentielles mis au point par Mr Georges Toutain et son fils, pour protéger les plaies de coupe et les racines des rejets des attaques éventuelles de Fusarium (Bayoud).
En intercalaire des palmiers dattiers, les premières parcelles mises en eau seront semées en luzerne sous couvert de blé et d’orge sur un ou deux hectares (planches de quinze mètres sur neuf ou de quinze mètres sur trois mètres cinquante). Les semences de luzerne seront achetées et sélectionnées pour leur adaptation au milieu et au climat et leur rendement (dix à quatorze coupes à l’année, à mi-floraison, cent tonnes à l’hectare). D’autres plantes fourragères diversifieront les rations alimentaires des troupeaux.

4 – En effet, et au vu des liens familiaux des promoteurs du projet avec l’élevage, nomade, semi-nomade et sédentaire, il a été recommandé durant les premières années de monter progressivement un troupeau sédentaire ovin, population-race D’mane, très prolifique et adapté au pays. La réutilisation de bâtiments existant sur place (au nord du terrain vers l’erg) peuvent constituer l’amorce de bergeries, permettant les extensions nécessaires au fur et à mesure de l’agrandissement du troupeau. La vente des bêtes, en particulier au moment de l’Aïd-el-Kebîr, permettra de dégager un revenu substantiel et d’enrichir par le fumier produit les amendements de sol (en accompagnement du Bacteriosol, des déchets ménagers et du broyat de palmes sénescentes.) Comme le nombre d’antenaises D’mane du troupeau s’élèvera progressivement, la luzerne en surplus pourra au début être vendue.

La mise en place des palmiers dattiers, des luzernes et la constitution d’un troupeau de D’mane est une étape importante établissant une base solide pour le projet.

5 – En fonction du temps que prendront ces activités, il sera mis en place progressivement des cultures légumières d’hiver (potager élargi) pour dans un premier temps assurer l’autosuffisance de ceux qui travaillent sur le projet et de leurs familles. Il sera plus difficile de produire des cultures d’été au vu des fortes températures estivales. En attendant que les palmiers dattiers soient adultes et suffisamment protecteurs, il semblerait plus approprié de développer pour cette période de l’année, des cultures de rentes adaptées au fort ensoleillement, le henné ou le safran par exemple .

6 – A terme le développement des cultures maraichères et fourragères recouvrera cinq hectares quadrillés et protégés par les palmiers-dattiers (et les grands tamaris pré-existants,hors parcelles cultivées). Y seront cultivés les fruits et légumes dont la culture s’adapte au milieu, ceux entre autres cultivés lors de la première vie du lieu : navet, pomme de terre, oignon, petit pois, tomate, pastèque, melon, concombre, carotte, abricot, raisin, figue etc … )

Actuellement, la très grosse majorité de ces produits sont amenés d’Agadir et de la plaine du Souss par camion, la proportion de la production locale vendue au souk ou en boutique étant très faible. Les produits d’Ergsmar, cultivés sur place, créerait un circuit court de distribution et les habitants du village et des environs verraient d’un oeil bienveillant une production locale dont l’origine les rattache à leur passé et à leur culture. Les grands campings de luxe qui font face au village séparés de lui par le lit du fleuve et les hôtels situés sur la route de Tagounite et Zagora seraient aussi intéressés pour fournir leurs clients par des denrées locales et donc fraîches, cultivées naturellement, ce qui constitue un débouché de plus.

Un Conservatoire du palmier-dattier

Sous l’impulsion de Mr Georges Toutain et à l’image du verger expérimental qu’il développe en Picardie (plus de soixante variétés de pommes patiemment développées), il a été envisagé d’introduire à Ergsmar, où la maladie du Bayoud n’est pas active, un grand nombres de variétés de palmier-dattiers, venant de la région, du Maroc ou d’autres origines si elles sont adaptables au milieu. Ainsi serait préservées et protégées des variétés rares ou en danger, chaque dattier ayant par ailleurs ses utilités spécifiques. (Dattes et noyaux pour l’alimentation humaine et animales, palmes pour les bâtiments, vannerie, brise vents, chauffage, tronc pour les charpentes et menuiseries).

Un jardin Médicinal

Il est prévu de développer sur une partie non maraîchère de la terre, un espace dédié au plantes médicinales. Les plus anciens des tribus et particulièrement les femmes, possèdent des connaissances en phytothérapie qui, si elles ne sont pas mises à profit et sauvegardées, disparaîtront peu à peu. Si la flore en milieu désertique est par nature discrète, elle n’en est pas moins riche, presque toutes les plantes ayant une utilisation précise. Il est nécessaire à entretenir et développer ce savoir et le lieu s’y prête. Pour ce faire, Monsieur Michel Thouzery de l’association « Terres et Nomades », responsable de la création de jardins médicinaux en Mauritanie, en Mongolie et au Maroc, spécialiste et créateur de produit phyto-sanitaires a été contacté et a accepté de se rendre sur place en janvier 2013. Un processus de partenariat a été décidé pour le développement de ces cultures et la création d’un périmètre de travail dans Ergsmar (échange de graines et semences, expertise, débouchés pour la production).

Une chamellerie

Dans un second temps, se créera à l’ouest du terrain, à l’endroit où il se resserre, une chamellerie avec un poste de traite pour recueillir en vue d’une commercialisation, le lait des chamelles. Une chamelle peut donner trois litres par jour. Là encore, c’est une spécialité et un produit hautement apprécié par les habitants de la vallée, particulièrement chez les anciens nomades sahraouis. Sa richesse nutritive et ses nombreux bienfaits pour le corps humain ont été scientifiquement confirmé. La présence de dromadaires, hautement symbolique de la pérennisation d’un mode de vie et d’une culture liée au désert, n’est pas innocente. Cet enclos, l’abri et le poste de traite (deux hectares) seront évidemment séparés de la partie maraichage-plantes médicinales-palmiers dattiers par une enceinte de pisé. Une ouverture permettra aux bêtes de sortir par l’ouest et d’aller pâturer. Un dossier de présentation a été déposé en ce sens en février 2015 auprès de l’ANDZOA (Agence nationale de développement des zones oasiennes et arganiennes – Maroc).

Objectifs principaux :

  • Offrir un mode de développement alternatif et une source nouvelle de travail (permettre à terme à une dizaine de familles d’en vivre soit 40 à 50 personnes)
  • Créer un circuit court de distribution de produits locaux
  • Recréer un centre de vie au désert, constitutif du passé et du mode de pensée de la population locale

Objectifs spécifiques :

  • Edification d’une barrière en grillage de 1700 mètres pour protéger les cinq hectares qui seront à terme mis en culture
  • Achat d’une pompe et d’un moteur pour utiliser l’eau pure et drainée du fleuve Draa souterrain
  • Construction de bergeries et achat de trente brebis de race D’mane et de deux boucs
  • Achat, transport et plantation de rejets de palmiers sains pour arriver à 1500 à terme.