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Une agriculture totalement naturelle

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Perspectives 2017-05-19T06:18:38+00:00

Une agriculture totalement naturelle :

. Les oueds affluents du Draa, (oued Na’am, oued Lâatache…) provenant du djebel Bani, inondent plusieurs semaines chaque hiver une terre verdoyante au printemps, visiblement riche en potentiel; le niveau de l’eau de son puits et de ceux aux alentours sont hauts et constants. On rénovera l’ancien canal de dérivation pour contrôler les eaux de pluie provenant du reg à l’est du terrain. Aux engrais chimiques et pesticides seront préférés les amendements organiques produits sur place et le fertilisateur d’humus totalement naturel (Bacteriosol, Bacteriolit), fabriqué en France par la Sobac et distribué au Maroc par la firme Bodor, dont les tests sur terrain sablo-argileux et dans des régions au climat comparable ont donné de très bons résultats. Enfin, il y a ici une richesse indéniable et inépuisable : le soleil. A terme, toute énergie utilisée pour l’exploitation (électrique : éclairage, outillage, cuisine… ou mécanique : pompe du puits…) sera produite par des panneaux photo-voltaïque.

Une voie nouvelle dans un lieu ancien

Si auparavant, selon les souvenirs des anciens, la vallée après le coude du Drâa ressemblait à une grande ferme, l’agriculture s’arrête aujourd’hui aux palmeraies de M’Hamid, où l’oued généralement termine sa route en surface. Les cent kilomètres qui suivent ne sont utilisés qu’au pâturage des dromadaires et aux activités touristiques, les changements historiques et sociétaux ayant fait disparaître toute culture de la terre depuis 35 ans. C’est à l’endroit réputé comme le plus fertile que les initiateurs de ce projet, de la tribu aaribe qui l’ exploitait auparavant, nés et ayant passé leur prime enfance sur place, ont pensé redonner vie à cette activité. Il a reçu l’aval de la tribu aaribe à laquelle appartiennent les terres, puis de l’administration marocaine. A M’Hamid, la population est bienveillante et attentive. Attachée à cette région désertique, encore constitutive de son mode de pensée et par certains aspects, de vie, 35 ans après la sédentarisation, elle appréhende bien l’espoir d’une alternative à l’implacable choix : Tourisme (guide, transport, hôtel/campings) ou émigration (études, armée, travail). Il n’est pas question de ressusciter un nomadisme moribond et encore moins d’édifier une réserve pour les photographies des touristes mais de créer du neuf avec les acquis et savoirs hérités du passé mais aussi les techniques modernes choisies pour leur respect de la terre et des hommes. Un lieu ouvert sur le désert pour aider les quelques familles vivant encore le nomadisme, et sur le village en faisant découvrir par exemple ce monde aux enfants des écoles et lycées, pour entretenir ce lien minéral entre les générations tout en créant de l’activité et des ressources. L’autonomie économique acquise et les emplois stables qui en découleront (une dizaine, plus les saisonniers) pourront donner envie aux mêmes ou à d’autres de tenter leur chance autre part dans la vallée profitant de l’expérience accumulée à Ergsmar, faisant ainsi barrage à la désertification de la vallée, menaçant plus à l’ouest celle du Souss.